Julie

PRÉSENTATION

Aujourd'hui, je vous propose une chronique sur "Mariés mais pas trop", le nouveau manga de Minami Kanan !

Titre original : 未成年だけどコドモじゃない   ou littéralement : "Je suis mineure mais pas immature" (euh what ?! Bizarre comme titre, n'est-ce pas ?)



Sorti en France le 8 avril dernier, il s'inscrit dans la digne lignée de "Rhapsody in Heaven" et de "Tsubaki Love". Les sentiments et réactions des différents personnages tiennent le premier rôle, sur fond d'intrigue amoureuse. Un vrai shôjo en somme, avec de l'amour dégoulinant de partout... ou pas  (et c'est là l'originalité de ce manga) ;)







Années de distribution : Prépublié au Japon à partir de 2012, avril 2015 pour la France.

Editions : Ce manga a été publié dans le magazine Sho-Comi Monthly avant d’être édité par Shogakukan en 2012. Il est arrivé en France depuis peu grâce à Panini Manga.





Histoire : Karin Oriyama est une lycéenne qui a toujours été pourrie-gâtée par ses parents. Capricieuse, un brin écervelée et naïve, elle attend avec impatience le jour de ses 16 ans... qui sera aussi le jour de son mariage avec Nao Tsuguri, le garçon le plus populaire du lycée ! Mais cette union arrangée ne se passera pas comme prévue et apportera son lot d'épreuves et de désillusions...


Mon avis :

L'intrigue de ce manga peut paraître très clichée au premier abord, mais elle se révèle plus fine que prévue, et c'est ce que j'ai particulièrement apprécié. Il y a une certaine ambivalence dans les caractères des personnages : Karin, qui est tout d'abord très agaçante, devient de plus en plus touchante ; Nao, mystérieux et insaisissable, devient froid, distant, mais reste humain et nous donne à réfléchir quand on découvre ses motivations.
Par ailleurs, il est amusant de constater que l'intrigue de ce manga défie les codes habituels des mangas pour adolescentes : alors que le mariage entre les deux héros clôt la plupart du temps le dernier tome des shôjo, il a ici lieu dès le premier tome et n'est pas forcément signe de bonheur, bien au contraire...
Enfin, le style de Minami Kanan, raffiné et lumineux, rend ce manga très agréable à lire. On rit, on s'étonne, on s'agace, bref, on ne reste pas indifférent. Je vous recommande donc ce manga, en espérant qu'il vous plaise autant qu'à mioi :-)



Hop hop hop, c'est parti pour le point culture :

Les mariages arrangés, tels qu'on peut le voir dans "Mariés mais pas trop", restent assez fréquents au Japon, où ils sont considérés comme plus fiables que les mariages d'amour. Il existe deux types de mariages arrangés : les iinazuke et les omiai.

Les iinazuke correspondent aux mariages arrangés tels que nous les concevons. Il s'agit d'un mariage sans amour réfléchi par les parents, dans le but d'unir les patrimoines, de solidifier l'entreprise familiale, etc. C'est le cas dans "Mariés mais pas trop": même si Karin a eu son mot à dire, le mariage a été arrangé par les parents pour des raisons de classe sociale et de patrimoine.

Les omiai, quant à eux, sont très répandus et bien mieux considérés. 
Mais avant d'en dire plus, il faut préciser ceci : au Japon, le mariage, au-delà de l'union entre deux familles, apporte une certaine légitimité et reconnaissance sociale. Une jeune femme non mariée est souvent mal considérée, décrite comme source de problèmes, mal élevé ou encore ayant un amant caché ; un homme non marié est quant à lui vu comme ne parvenant pas à prendre ses responsabilités. 
Une fois la vingtaine bien tassée, bon nombre de personnes ou de familles décident donc de prendre les choses en main en contactant des agences matrimoniales. Celles-ci envoient alors un catalogue avec de nombreuses photos, la description de l'historique personnel du candidat, son statut social... ou proposent directement un prétendant, et une rencontre est ensuite convenue. Entourés de leur famille respectives, les jeunes gens se font face tandis que des questions sont posées, comme pour un entretien d'embauche. Ils sont ensuite invités à passer un peu de temps en tête à tête, et ce sont eux qui choisissent s'ils décident ou non de se revoir. Généralement, c'est au troisième rendez-vous que le mariage est conclu. Les jeunes gens restent donc relativement libres de choisir la personne qu'ils épousent, étant donné que les rencontres ne sont pas synonymes d'engagement.

Il est amusant de constater que certains éléments, tels que l'horoscope, sont particulièrement regardés pour s'assurer de la compatibilité des futurs époux. Certains signes sont en eux-mêmes rédhibitoires : les femmes nées sous le signe du cheval, par exemple, souffrent de discrimination car elles sont réputées "enterrer leur mari".

http://www.clickjapan.org/mariage_fiancailles/mariage_japon.htm

Et voilà, la chronique est finie, les petits makis !

J'espère que vous l'avez appréciée, n'hésitez pas à donner vos avis en commentaire et je vous dis à très bientôt pour de nouvelles aventures ! ♥ ♥ 



Julie Zinzinule


Julie

PRÉSENTATION

Aujourd'hui, je vous propose une petite chronique sur le manga "Arachnid" !


Nom : « Arachnid »

Ce manga est le fruit d’un travail d’équipe, l’écriture ayant été réalisée par Shinya Murata et le dessin par Shinsen Ifuji. On retrouve dans Arachnid la passion de Shinya Murata pour les assassins, les règlements de compte, les personnages hyrbides aux pouvoirs déroutants… Plein de thématiques sympathiques en somme ;)



Type : Seinen, fantastique, action. Contient pas mal de scènes de violence (combats).






Années de distribution : 2009 au Japon, avril 2015 pour la France


Editions : Ce manga a tout d’abord été publié dans le magazine Monthly Gangan Joker avant d’être édité par Square Enix en 2010. Il est arrivé en France depuis peu grâce à Soleil Manga.





Histoire : Alice Fuji est une lycéenne solitaire et incomprise. Considérée comme excentrique par les autres élèves, elle est devenue leur souffre-douleur. A la maison, ce n’est pas plus joyeux : n’ayant jamais vraiment eu de lien avec son père et ayant perdu sa mère l’année passée, elle vit avec son oncle, un homme brutal et tyrranique. 
Un jour, alors que la vie d’Alice ne pouvait être pire, un assassin du nom de Kumo débarque chez elle et tue son oncle sous ses yeux. Il essaie de la tuer à son tour, mais celle-ci se défend et parvient miraculeusement à survivre. Elle a en effet des capacités insoupçonnées que Kumo remarque aussitôt… (je n’en dis pas plus, suspense…) Il décide donc de la prendre sous son aile et de lui apprendre à devenir l’assassin parfait, aux réflexes semblables à ceux d'une araignée.





Mon avis :

J’ai bien aimé ce premier tome, malgré l’intrigue assez commune et revue (une lycéenne seule et incomprise qui se découvre des compétences insoupçonnées). La lecture est aisée et fluide, le dessin de qualité et on s’attache rapidement au personnage d’Alice qui doit, en se découvrant elle-même, affronter de nombreux obstacles. La fin très surprenante donne un coup de boost à l’intrigue qui reste tout de même assez « plate » dans ce premier tome. Personnellement, j'attends de voir la suite avant de me prononcer davantage :)


Très bien, allons-y pour le point culture :

La figure de l’araignée, qui est centrale dans ce manga, est riche en symboles. Trapéziste se balançant au bout de son fil de soie, fileuse virtuose, chasseresse rusée équipée d’un grand filet, elle inspire et fait peur depuis la nuit des temps. Les artistes japonais du XIXème siècle carricaturaient ces traits en la dépeignant sous la forme de monstrueux tsuchigumo, des araignées extraterrestres géantes des premiers mythes, évoquant la nature dévorant la vie fragile et la conscience primordiale.






Historiquement, les tsuchigumo font aussi référence aux bandits qui, dans l'Ancien Japon, contestaient l'autorité de l'empereur et qui, tels des araignées, se cachaient dans des grottes dans les montagnes.

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui les petits makis !

J'espère que vous avez apprécié cette chronique, et je vous dis à très bientôt pour de nouvelles aventures ! ♥ ♥ 



Julie Zinzinule


Julie


Bonjour à tous, les petits schtroumpfs à paillettes !

Aujourd'hui, pour cette première chronique, je vous propose une virée dans le monde magique des émotions... et la façon dont elles sont traitées dans les mangas.

Yeeeeeeeeeeaaaaaaah !!



Dans mes jeunes années, lorsque j'ai ouvert pour la première fois un manga sous l'impulsion des mon amie Mathilde, fan inconditionnelle du Japon, j'ai été étonnée par pas mal de choses.

1) Mais pourquoi cette Tohru Honda (oui, Fruits Basket est le premier manga que j'ai ouvert) est-elle aussi cruche / naïve / émotive ??

2) Pourquoi accepte-t-elle dès le début de l'histoire, et ce de manière tout à fait naturelle, de dormir dans une tente pour ne pas être un poids pour sa famille ou ses amies ? Alors qu'elle pourrait simplement leur demander de l'aide en cette période difficile pour elle ?

3) Ah ça y est, elle emménage dans une grande maison entourée de garçons... Ça sent l'histoire d'amour et le récit initiatique à plein nez ça ! Mais pourquoi ? quel est l'intérêt quand on sait déjà comment ça va se finir ?

Le caractère de Tohru et les premières intrigues du manga m'ont laissée une impression étrange. Ne me reconnaissant pas dans les réactions des personnages ou l'histoire proposée -trop fade pour l'ado rebelle que j'étais-, j'ai reposé ce shojo sur une étagère et l'ai laissé dormir quelques années. Je n'avais pas compris alors que le comportement policé de Tohru ou l'intrigue codifiée pouvait s'expliquer au regard de l'histoire du Japon et de la manière qu'ont les Japonais d'exprimer leurs émotions et de se comporter en société.


LES ÉMOTIONS





Joie, colère, peur, surprise, dégoût, tristesse... 
Nos émotions sont notre système de guidage le plus sophistiqué. A chaque moment de notre vie, elles nous permettent de nous adapter et d'éviter les obstacles. La peur, par exemple, met en route des réactions physiologiques qui nous aident à faire face aux dangers de manière efficace ; le dégoût, quant à lui, s'active quand nous voyons ou goûtons un aliment qui peut nous rendre malade, voire même nous empoisonner.

Etant donné que les émotions sont un dénominateur commun à tous les hommes et à certains animaux, Darwin pensait que   



Or, il s'avère de plus en plus que les émotions, bien qu'elles soient partagées par tous les hommes, ne sont pas exprimées de la même façon selon la situation, la culture et le genre. Elles font donc l'objet d'une régulation sociale avant même d'être exprimées. Cette régulation se réalise sans qu'on y pense (notre éducation, notre culture nous ont appris à exprimer davantage telle émotion ou telle autre, selon qu'on soit une fille ou un garçon, un français ou un japonais...), mais aussi de manière consciente, pour éviter les coûts sociaux. En effet, afficher sa déception face à un ami qui vous offre un cadeau étrange avec la meilleure intention du monde risque de vous coûter cette amitié
et de vous faire mal voir par les autres... Vous risquez donc d'être mal considéré ou rejeté, ce dont vous n'avez sûrement pas envie.


-Hmmm... Merci !


C'est là que le bât blesse, et que nos amis japonais, dans leur féconde originalité, peuvent surprendre les Occidentaux que nous sommes. 

Les émotions : Occident vs Asie

En effet, dans les cultures occidentales comme par exemple, les pays d'Europe ou les Etats-Unis, la personne dans son individualité et sa spécificité est valorisée et tient une place bien particulière. De ce fait, la satisfaction des besoins personnels est placée au premier plan, et l'expression des émotions reflétant l'indépendance et l'autonomie de soi est encouragées. Il est donc tout à fait normal pour les français que nous sommes d'exprimer de la joie ou de la colère lorsque nous avons atteint nos buts, et, au contraire, de bouillir de colère ou de frustration lorsque ceux-ci sont menacés.


En revanche, dans la plupart des cultures non occidentales et notamment asiatiques, comme par exemple le Japon ou la Chine, l'individu est intrinsèquement lié aux membres de son groupe, et à sa culture. L'expression des émotions reflétant le désir de se maintenir dans une position d'interdépendance et d'harmonie avec le groupe sont valorisées (sympathie, culpabilité, peur...). Par contre, les émotions risquant de perturber l'harmonie relationnelle, telles que la colère ou la fierté, sont proscrites (Markus & Kitayama, 1991). Et si parfois il est difficile de réprimer des émotions négatives pour le groupe, les AgencyGlass sont là pour ça ! (voir l'article du Parisien)

Les AgencyGlass d'Hirotaka Osawa

Cette philosophie peut être résumée par le terme "amae" (甘え), signifiant selon notre cher Wikipédia "un sentiment plaisant d'attachement ou de dépendance" tel qu'un enfant peut l'avoir envers ses parents, même s'il peut exister aussi entre deux adultes. Cet état, considéré comme dégradant dans notre société où l'homme vise à se libérer de toute contrainte, constitue dans la culture japonaise un idéal à atteindre.

Les Japonais n'expriment donc pas les mêmes émotions que nous, et cela va même plus loin puisqu'ils ne "lisent" pas non plus les visages de la même façon que nous. L'expérience de Carroll Izard, un psychologue américain, est révélatrice : si les participants américains reconnaissent globalement bien les émotions sur les visages qu'on leur présente, les participants japonais, quant à eux, font un "blocage interprétatif" face à des émotions telles que le dégoût ou la colère, qui sont peu exprimées dans leur culture (Izard, 1992).

Mais pourquoi cette différence ? d'où vient-elle ?
*roulement de tambour*

Un peu d'histoire

Entre le XVIIe et le XIXème siècle, le Japon vit des temps tourmentés. Replié sur lui-même, refusant tout commerce avec des navires étrangers, il est le théâtre de révoltes paysannes et de massacres à répétition. En 1868, après de longs conflits pour le pouvoir, Mutsuhito devient empereur et transfère son gouvernement à Edo, rebaptisée en Tokyo. C'est le début de l'ère Meiji, ou "époque éclairée", qui marque le temps des grandes réformes et de la modernisation du Japon. La classe dirigeante, dans cette optique de renouveau, souhaite alors instaurer un nouveau code de valeurs à l'ensemble de la société, une éthique de courage et de retenue, issue des samouraïs. C'est donc à ce moment-là, vers 1870, qu'une certaine forme de régulation et d'expression émotionnelle est imposée progressivement à l'ensemble des Japonais par l'intermédiaire du système éducatif.

Au même moment, le Japon, resté en autarcie sous l'ère Edo, s'ouvre à nouveau sur le monde.
Dans sa volonté de réconcilier le Japon avec l'Occident et de faire connaître les valeurs japonaises aux autres pays, Inazo Nitobe publie en 1899 un ouvrage qui deviendra célèbre : Bushido, l'âme du Japon. Il y détaille ce qu'est le bushido, c'est-à-dire l'ancien code moral des samouraïs qui a grandement influencé le nouveau système de valeurs imposé à la société japonaise.

Portrait d'Inazo Nitobe sur un vieux billet de 5000 yens.
C'est dire l'importance du personnage ! 

Les grandes valeurs du Bushido sont :

- la rectitude ou la justice : Il s'agit de la capacité à accomplir sans hésitation ce qui est juste d'accomplir, sans craindre les tourments ou la mort. La rectitude est considérée comme une vertu jumelle de la bravoure : elle est semblable au sens du devoir accompagné de courage, d'esprit d'audace et de maîtrise de soi.

- la bienveillance et la compassion : Le courage n'est rien sans bonté d'âme, sans bienveillance envers l'autre. "Il faut de l'amour pour bien agir" (phrase accordée à Masamune Date, un des daimyos ou grand noble ayant dirigé la région de Tohoku au Japon au début du XVIIème siècle). L'homme vertueux se doit de trouve un équilibre entre droit et compassion, pour ne pas tomber dans la dureté ou dans la faiblesse.

- la politesse : La courtoisie et le savoir-vivre doivent diriger toutes les actions, et s'accompagner de bienveillance. Le rapport aux autres doit être paisible et aisé. La recherche de la sobriété et de l'élégance est une dimension importante des rapports sociaux.

- la vérité et la sincérité : La sincérité donne du sens aux actions - la politesse sans sincérité est à proscrire car elle s'apparente au mensonge.

- l'honneur : L'honneur est une conscience de la dignité et de la valeur que l'on choisit de préserver en soi. La capacité à éprouver de la honte est la marque la plus vive et la plus évidente d'une conscience morale. L'honneur doit s'accompagner d'un esprit de loyauté, très important dans la culture japonaise.

- le contrôle de soi : Rester digne, stoïque, retenir les larmes, garder sa douleur à l'intérieur... Cet aspect est très important dans l'apprentissage du samouraï et demeure essentiel pour comprendre la culture nippone. Laisser s'épancher en public même le plus naturel des sentiments consiste à prendre de la place dans la relation, à ne plus être attentif aux sentiments d'autrui, à passer pour inconvenant et superficiel. En public, les sentiments ne se montrent pas, et si ceux-ci sont trop intenses (deuil...), la dérision ou la poésie leur sont appliqués comme exutoires.


"Les vertus du Bushido" par Bushido-le-Samouraï, DeviantArt

Ces valeurs, qui ont contribué à forger les Japonais tels qu'ils sont aujourd'hui, prennent racine dans des sources multimillénaires telles que le zen ("calme abandon aux voies du destin, de la soumission tranquille à l'inévitable"), le shintoïsme (importance du sentiment national, du respect de la mémoire des ancêtres, de la piété filiale, du culte de la nature, de l'amour de la terre...), ou le confucianisme (recherche d'une sagesse réelle, effective). Elles exercent une influence très fortes dans la société japonaise aujourd'hui encore.

C'est pour cela qu'en mars 2011, alors que l'Europe découvrait avec effroi les images du tsunami meurtrier, les journalistes se sont étonnés du manque de réactions des Japonais, de leur stoïcisme. "Mais voyons, comment, face à cette catastrophe atroce ne réagissent-ils pas ? Pourquoi apparaissent-ils aussi insensibles et fatalistes ?" 
Nous qui avons l'habitude de nous épancher en public et de manifester parfois même bruyamment notre tristesse, nous avions alors oublié une chose essentielle : les Japonais, de part leur histoire et leur éducation, sont un peuple de retenue, de dignité et de courage. Ils ne font pas preuve d'insensibilité mais de réserve. Comme le roseau face à la tempête, ils plient mais ne rompent pas. Et leur conception de la nature reste positive, avec une vraie acceptation des évènements : il faut recommencer à vivre et aller de l'avant.



Et dans les mangas ?

Les mangas, en tant qu'art issu du Japon, sont imprégnés de toutes ses influences, et connaître les valeurs du bushido nous permet d'appréhender avec un oeil neuf certains personnages ou intrigues.

Les shonen par exemple, ces mangas destinés aux garçons adolescents, ont une visée éducative forte et visent à développer chez les lecteurs des valeurs telles que le courage, l'amitié, la persévérance ou encore le don de soi. Leur lecture vise une sorte d'initiation aux principes du bushido par la mise en scène d'un héros ayant un talent caché et apprenant à le manier dans le but de trouver une harmonie en lui-même et avec les autres.


Dans Naruto, le récit initiatique se situe dans un futur imaginaire où le héros, jeune homme craint et méprisé par ses pairs, va peu à peu devenir, avec persévérance et dépassement de soi, un ninja respecté capable d'affronter les rivaux les plus terrifiants.

Dans One Piece, les héros vont grandir tout au long de leurs aventures et des obstacles rencontrés, la recherche du trésor convoité représentant aussi leur voyage intérieur. Le même schéma se répète dans les mangas de sport où le héros, au départ inexpérimenté et méprisé, va gagner peu à peu en expérience et en notoriété. Les seinen, quant à eux, destinés aux adultes, deviennent plus subtils et peuvent présenter de manière fine la difficulté de certains japonais à "rentrer dans le cadre" et à trouver une place dans une société aux normes strictes. Ces mangas peuvent se rapprocher de ce fait des romans d'apprentissage européens, très en vogue au XVIIIème et XIXème siècle, dans lesquels le héros grimpe les échelons d'une société en pervertissant les règles sociales et en les utilisant à son avantage, souvent de manière immorale.

Les mangas reflètent donc une réalité sociale et psychologique fort intéressante, et je dois dire qu'au regard de tout ceci, la naïveté et la trop grande gentillesse de Tohru Honda qui m'avaient agacée quand j'étais ado me paraissent plus compréhensibles. Polie (voire même trop et de façon maladroite parfois), optimiste,  désintéressée, enthousiaste, Tohur a un caractère entier, bien à elle, mais qui reflète aussi un idéal typiquement japonais, celui d'une paix intérieure et d'un élan de vie au service des autres.





Alors heureux ?
Vous avez appris des petites choses avec cet article, bande de schtroumps ?



Je vous fais des p'tits bisous partout, et vous dis à la prochaine ! ;)



Julie Zinzinule
Julie

Oiseaux de tous les pays, ceci est un message pour vous.


Comme vous avez pu le constater, le blog connaît une longue pause. Son ravalement de façade, que j'avais entrepris, n'a jamais été vraiment terminé, et aucun article n'a été posté depuis des lustres. Les raisons de ce relâchement sont nombreuses : manque de temps, d'envie, de motivation... et tout simplement le fait que ce blog ne corresponde plus à mes intérêts du moment, ni à mes besoins. Je m'y reconnais désormais sans vraiment m'y reconnaître... Étonnant, non ?

La flamme qui m'anime en ce moment est celle de l'écriture. J'ai toujours entretenu une relation paradoxale avec les mots, ceux-ci me servant à la fois de carapace et de plaidoyer - le plaidoyer de ma propre identité. J'aime à les manipuler, me les approprier, mais ceux-ci, de manière subtile, s'amusent à me montrer constamment mes limites. Il y a donc dans l'acte d'écrire quelque chose de l'ordre de la disgrâce et de la souffrance... mais n'est-ce pas le propre de toute création ?

Ça peut paraître compliqué, j'avoue que ça l'est pour moi aussi. Bref, tout ça pour vous dire que, dans cette optique, j'ai crée un nouveau blog. Celui-ci sera consacré à ma passion de l'art (écriture surtout, mais aussi photographies, tableaux, etc.) : je vous ferai partager mes coups de coeur littéraires et posterai des avis... mais pas seulement. C'est d'ailleurs pourquoi j'ai hésité quelques temps avant de vous parler ici de ce nouvel espace de liberté que constitue ce nouveau blog... Il se trouve en effet qu'il représente aussi quelque chose de l'ordre de l'intime, de l'ineffable, et que je vais y publier des choses qui me tiennent vraiment à coeur. Ces choses ont de la valeur pour moi car elles s'inscrivent soit dans le ressenti le plus profond, soit sont des piliers qui me constituent désormais. Après mûre réflexion, je me résous avec confiance mais appréhension à remettre ce blog entre vos mains. J'espère qu'il vous plaira.. :)

Après tout ce baragouin compliqué à l'image de mes pensées emmêlées, voici l'information que vous attendez : l'adresse de ce blog se trouve sur mon profil blogger.


Bonne soirée à vous
Calumet de la paix.
Julie
-
Il y a quelques jours, alors que je me rendais à la Défense pour faire deux trois achats, il m'est arrivé une chose digne de "la vie secrète des jeunes" de Riad Sattouf. Tout commence par une scène banale : j'étais sur l'escalator montant au centre commercial et j'écrivais un sms. Un gars s'est alors approché de moi, me collant sur ma gauche. Il n'était pas seul : un petit groupe à la mine patibulaire le suivait. Il s'arrête, me regarde d'un air hargneux. Je sens son hostilité, mais garde la tête baissée afin de feindre l'indifférence.
Il me lance alors : "Oh... Tu as vieux motorola ! Un motorola tout pourri ! Un téléphone qui sent la merde !"
Ces quelques phrases étaient un tour de chauffe, lui permettant de prendre de l'assurance. Je le sens plus sûr de lui, prêt à déployer une rage non maîtrisée.
"Ton portable... oui, il pue la merde, IL PUE LA MERDE !!! Comme toi, tu pues la merde !! Ahah, oui, tu pues la merde !"
Je sens sa colère, son air hargneux. Comme un chien prêt à mordre. Ses potes le regardent avec un sourire reptilien.
"Tu n'as pas honte ?? Tu pues la merde !! Va te suicider, VA TE PENDRE !!"
"Non mais, ça suffit, oui !", je lui lance, perdant mon sang-froid.
Je le sens un peu déstabilisé. Il a besoin d'un court instant pour reprendre ses esprits, puis, ne trouvant rien d'autre à dire, il se raccroche à ses anciennes paroles : "Ouais, tu pues la merde, ton portable pue la merde... ahaha !!"
Nous arrivons à la fin des escalators. Je l'ignore, lui et son groupe, et me dirige vers les boutiques qui m'intéressent. Heureusement, aucun d'eux ne me suit.

Suite à cette petite anecdote malheureusement assez courante de nos jours, une question m'est venue à l'esprit : que serait capable un jeune homme de ce genre dans un régime totalitaire, alors qu'il s'adonne déjà à une telle violence gratuite ?
Cette question peut paraître un peu étrange, mais elle m'a pas mal fait réfléchir depuis quelques jours. 
Qu'en pensez-vous ?